Analyse à décoder

Cas de collectionneur : Alex van Gelder

Analyse à décoderArt contemporain | « La modernité est un devoir » dit-il avec un accent à l’intonation britannique. Pour Alex van Gelder, l’affaire de l’art s’est écrite dès l’enfance en échappée de son milieu familial.

Alex van Gelder © Alex van Gelder
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Alex van Gelder
© Alex van Gelder

Déclic

Dans sa chambre d’enfant, il y avait la copie d’un tableau de Vincent van Gogh. Il en inspectait la touche : « des traits comme des réacteurs nucléaires ». Encore vivaces dans sa mémoire les souvenirs du Railway Hotel où il habitait avec ses parents fraichement émigrés au Pays de Galles, des sensations extrêmes, l’odeur d’alcool, les tenanciers « Dye and Willy », semblables à des personnages de Beckett.

Art contemporain

La rencontre avec l’art contemporain se trame autour de la culture hollywoodienne, l’Afrique et la poésie de Gertrude Stein dont il emprunte un jour, un livre dans une bibliothèque au Ghana ; il ne le rendra jamais et cette éclaireuse de la modernité deviendra la figure tutélaire d’une parenté en accointance avec l’intensité de la créativité : Van Gogh, Picasso, Sinatra...

La radicalité est le fil conducteur des trois vies entremêlées d’Alex van Gelder : Spécialiste d’art africain, collectionneur d’art contemporain, artiste. « L’art africain appartenait à l’art contemporain ; aujourd’hui, c’est devenu du classique. ».

Première œuvre

A 16 ans, une affiche de Picasso.

Collectionner

Des œuvres exceptionnelles d’art africains côtoient sans hiérarchie Louise Bourgeois, Pablo Picasso, Jean-Michel Basquiat, Erwin Wurm, Andy Warhol, Joseph Beuys, Bertrand Lavier... Pour Alex van Gelder les œuvres doivent être autonomes, il « les fréquente, cela doit être amical ».

Argent

« Mes parents n’étaient pas riches, ils comptaient l’argent ». L’argent est associé à une forme de liberté poétique : « comme Rimbaud je pars en Afrique pour devenir riche et libre » ; pour seule réponse valable à la question il conseille la lecture du livre de Gertrude Stein « Money, and more about money ».

Build up

Alex van Gelder chasse la pointe du contemporain et du nouveau, « l’essentiel dans le build up ». La mort infiltre son travail d’artiste : films et photographies. Le traitement de ses sujets, portraits, cimetières ou abattoirs refuse tout simulacre et nous confronte à un jeu de réalités paradoxales, une recherche instinctive du vivant. Il lie avec Louise Bourgeois une relation particulière, devient à la fin de sa vie son photographe témoin. Rendez-vous réguliers dans sa maison à New York, séances semblables à des jeux de rôle, donnent lieu à deux séries : Armed Forces ont été « sold out » avant même leur exposition, tandis que l’autre projet - 56 portraits de Louise Bourgeois - fait l’objet d’un projet éditorial en préparation chez Thames & Hudson. Il vient de clore une exposition « Meat Portraits » à la célèbre galerie londonienne Hauser & Wirth qui le représente.

Nina Rodrigues-Ely / Virginie Bertrand
Publié le 15/07/2014
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