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Biennale de Venise et foire de Bâle 2019 : variations sur un même thème

Marché de l'art | Les biennales internationales qui traditionnellement définissent des lignes de prospectives en matière de création et d’évolution sociétale s’apparentent de plus en plus à des places de marché. Inversement, les foires majeures qui ont pour vocation première le négoce, naviguent sur des vagues culturelles.
En 2019, l’exposition internationale curatée par Ralph Rugoff May You Live in Interesting Times à la Biennale de Venise confirme ce phénomène très actuel.

Tomás Saraceno, Aero(s)cene, 2019 © Photo by: Andrea Avezzù, Italo Rondinella, Francesco Galli, Jacopo Salvi / Courtesy: La Biennale di Venezia
Tomás Saraceno, Aero(s)cene, 2019
© Photo by: Andrea Avezzù, Italo Rondinella, Francesco Galli, Jacopo Salvi / Courtesy: La Biennale di Venezia

Le choix des artistes du commissaire américain - directeur de la Hayward Gallery à Londres - se porte sur la jeune création internationale qui circule dans des foires, soutenue par des galeries de notoriété  : sur 79 artistes invités, on dénombre une majorité sur une tranche d’âge 30-50 ans (58), puis 13 nés entre 1960 et1969, 6 nés entre 1950 et 1959, 2 entre 1940 et 1949. 38 nationalités sont représentées avec une répartition par continent  : 32% Europe, 24 % Asie, 24 % Amérique du Nord, 6 % Amérique du Sud, 7% Afrique, 6% Moyen-Orient et 1 artiste d’Australie.

À travers May You Live in Interesting Times, le positionnement de Ralph Rugoff, sémiologue de formation, prend une dimension résolument sociologique et politique; sa volonté étant de laisser parler les œuvres sans ligne de lecture prospective. Sont données à voir des propositions artistiques quelquefois littérales illustrant les questionnements récurrents de notre société  : l’image de la femme (Martine Gutierrez...), le corps mutant (Nicole Eisenman, Mari Katayama ou Antoine Catala...), La guerre (Christian Marclay, Rula Halawani), l’écologie (Christine et Margaret Wertheim, Otobong Nkanga), l’environnement culturel (Haris Epaminonda), la cause noire (Arthur Jafa, Henry Taylor, Njideka Akunyili Crosby...), la réalité virtuelle (Dominique Gonzalez-Fœrster), la data (Ryoji Ikeda), des visions futuristes apocalyptiques (Ed Atkins, Jon Rafman...). Et aussi les combinatoires complexes (Alex da Corte, Stan Douglas), l’habitat de demain (Tomas Saraceno)...

Il est à noter que les biennales signées Massimiliano Gioni Il Palazzo Enciclopedico en 2013 et Christine Macel Viva Arte Viva en 2017 proposaient un cheminement de découvertes et des redécouvertes, mettant en avant des alternatives au marché, définissant des prospectives toujours en cours aujourd’hui (relire les analyses en lien). Pour exemples les artistes Maria Lassning et Marisa Merz reçoivent le Lion d’or en 2013.

La configuration générale de May You Live in Interesting Times rappelle étrangement celle de Unlimited à Art Basel, 15,000 m2 consacrés à la présentation de projets spécifiques et d’œuvres monumentales chapeautées par des galeries qui y mettent le prix fort.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 25/06/2019
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Tomás Saraceno, Aero(s)cene, 2019 © Photo by: Andrea Avezzù, Italo Rondinella, Francesco Galli, Jacopo Salvi / Courtesy: La Biennale di Venezia

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© Photo by: Andrea Avezzù, Italo Rondinella, Francesco Galli, Jacopo Salvi / Courtesy: La Biennale di Venezia

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