Signe à capter

Léonard de Vinci et le transgenre

Art contemporain | Dans le fil du 500e anniversaire de Léonard de Vinci, l’exposition La Joconde nue au musée Condé de Chantilly présente au public l’emblématique portrait en buste, grandeur nature, d’une femme dénudée dans la même la posture que Mona Lisa, arborant le même sourire énigmatique. Ce double dévêtu fonde le prototype de la beauté ambiguë, questionne le phénomène si actuel du transgenre.

Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue (détails)
Chantilly, musée Condé, DE-32 © RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566
Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue (détails)
Chantilly, musée Condé, DE-32

© RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566

Qui est- elle ou qui est-il ? Est-ce le portrait d’une courtisane ou celui crypté de Salai, son disciple favori ?
Si la coiffure nouée au sommet de la tête se réfère à une sculpture de l’Antiquité la Vénus du Capitole, cette œuvre dérangeante, peu connue du grand public, est aujourd’hui élevée au rang d’icône androgyne.
Elle manifeste une identité changeante où mythe et portrait réel se confondent ; un personnage à la sexualité biface si attractif et énigmatique que le réalisateur Pier Paolo Pasolini envisage de lui consacrer une étude.

Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue
Chantilly, musée Condé, DE-32 © RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566
Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue Chantilly, musée Condé, DE-32
© RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566

Ce dessin acquis en 1862 par Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fondateur du musée Condé de Chantilly, ne cesse d’être tour à tour attribué et désattribué à Léonard de Vinci jusqu’à ce que le conservateur, Mathieu Deldicque, le fasse analyser pendant près de trois ans afin d’en comprendre sa genèse et son histoire.
Les analyses scientifiques de recherche et de restauration du C2RM et du laboratoire des musées de France révèlent aujourd’hui que ce dessin est « probablement » de la main du maître ou de son atelier ; les traces d’un artiste gaucher et les changements traduisent le processus du repentir. De surcroît, le carton est percé de petits trous de piquage servant à rapporter ses contours sur un autre support pour réaliser le tableau. Ce chef-d’œuvre fait naître en Europe la mode de portraits féminins dénudés dont témoignent de nombreuses copies et variantes du XVIe siècle.

Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs, Anonyme © RMN - Grand Palais musée du Louvre Tony Querrec
Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs, Anonyme
© RMN - Grand Palais musée du Louvre Tony Querrec
La Renaissance comme notre époque contemporaine se caractérisent par des mutations sociétales profondes, marquent de nouveaux terrains d’expériences, de libertés ; la fluidité de genre qui en est issue résonne étrangement avec les pratiques des nouvelles générations comme la pansexualité ou l’omnisexualité.

Jeanette Zwingenberger
Publié le 04/07/2019
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Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue (détails) 
Chantilly, musée Condé, DE-32 © RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566

Atelier de Léonard de Vinci, La Joconde nue (détails)
Chantilly, musée Condé, DE-32

© RMN-Grand Palais domaine de Chantilly-Michel Urtado18-542566

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