Tendance à suivre

Pourquoi le marché de l'art contemporain italien est-il si actif?

Marché de l'art | Si l’Arte Povera est assez bien reconnu sur le marché international et certains artistes sur le marché « financiarisé » (Fontana, Bœtti), on observe actuellement une régénération de l’art contemporain italien et une poussée conséquente d’autres artistes italiens bien défendus. Réponse en trois points.

Lucio Fontana, Concetto Spaziale, La Fine di Dio,1963 © Sotheby’s London
Lucio Fontana, Concetto Spaziale, La Fine di Dio,1963
© Sotheby’s London

Une culture de « la liquidité »

Les Italiens privilégient les paiements en espèces. Une étude de Bankitaila met en évidence cette spécificité italienne parmi les habitudes de paiement des autres pays européens : en 2014, face à une moyenne européenne de 97,7 transactions bancaires par personne et par an, il n’y a eu en Italie que 38,2 transactions. Le pays fait office de mauvais élève dans le classement en termes de transactions automatisées en Europe. Ainsi dans ces conditions, l’art a toujours constitué une alternative de placement. Pour exemple la foire de Bologne Arte Fiera occupe une faible place sur la scène internationale avec 16% de galeries étrangères pour l’édition 2016, mais reste résolument une foire avec d’importantes transactions en liquide.

Des ventes spécialisées ’Art Italien’

Les ventes spécialisées ’Art contemporain Italien’ apparaissent dès la fin des années 90 chez les deux maisons leaders du marché, Sotheby’s et Christie’s, au moment où l’art commence à se construire sur un marché globalisé. Claudia Dwek, vice-présidente de Sotheby’s Europe et présidente de Sotheby’s Italie, décide en 1999 de créer des ventes spécialisées récurrentes - The Italian Sale – qui seront suivies de près chez Christie’s en 2001. En 2015, The Italian Sale, dans les deux maisons de vente totalise plus de 84 millions de £ considérant un taux de progression de 21% par rapport aux ventes de l’année 2014, et près du double de 2013.

La loi sur les biens culturels

Selon la loi 22 janvier 2004 n.42, les œuvres de plus de 50 ans rentrent dans la catégorie patrimoine, ce qui implique que leur exportation est soumise à un certificat de libre circulation. Cette loi protectionniste dont le but originel est de conserver le patrimoine italien sur son territoire crée à l’inverse un effet de sortie du territoire pour une mise sur le marché international d’œuvres réalisées à partir de la fin des années 60. On observe dans ce sillage un nombre croissant d’expositions d’artistes présentées par les galeries internationales : Pier Paolo Calzolari chez Kamel Mennour, Arnaldo Pomodoro chez Tornabuoni Londres...

Carlotta Montaldo
Publié le 04/02/2016
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Lucio Fontana, Concetto Spaziale, La Fine di Dio,1963 © Sotheby's London

Lucio Fontana, Concetto Spaziale, La Fine di Dio,1963
© Sotheby’s London

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