Tendance à suivre

Pourquoi Independent Art Fair est-elle une foire challenger ?

 | Fondée en 2010 la jeune Independent Art Fair étend son aura de New-York à Bruxelles, contaminant le panorama mondial des foires d’art de son modèle alternatif. Conçue sur une logique d’hybridation, elle s’appréhende autant comme un lieu de négoce que d’exposition. Bousculant les codes établis, elle entend perturber l’influence des foires sur le marché de l’art.

View of Independent NYC 2015 © Independent New York
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View of Independent NYC 2015
© Independent New York

Microcosme en mouvement

Fondée par Elizabeth Dee, directrice de la galerie éponyme et Daren Flook, directeur de Hotel, la foire new-yorkaise se décline aujourd’hui sous 3 cellules. Independent Art Fair créée en 2010 et Independent Projects active depuis 2014, toutes deux hébergées dans les 25 000 mètres carrés de Spring Studios depuis 2016 auxquelles s’ajoute Independent Brussels, 1re cellule européenne, qui investira les 50 000 mètres carrés du Vanderborght Building. Faisant suite à l’expérience X-Initiative, Independent mène une stratégie d’implantation et d’expansion étroitement liée au pouvoir d’attraction d’autres événements : l’édition printanière new-yorkaise se déroule en parallèle de Armory Show ; Projects a lieu lors des ventes aux enchères de novembre tandis que la version bruxelloise évolue dans le sillage de Art Brussels.

Modèle alternatif

Revendiquant un modèle alternatif et collaboratif, la foire new-yorkaise se démarque de ses consœurs, notamment de par le nombre de galeries participantes et sa configuration. Chaque édition accueille entre 40 et 60 galeries - des noms renommés comme David Zwirner, CLEARING, Paula Cooper, Almine Rech et d’autres de moindre influence - dans un espace ouvert dépourvu des boxs blancs caractérisant la majorité des foires. Ce parti-pris, en plus d’engendrer des économies, permet des propositions originales comme des collaborations de plusieurs galeries autour d’un même artiste : en 2011 par exemple, Harris Lieberman (NYC) et Klosterfelde (Berlin) exposent ensemble des œuvres de Lisa Oppenheim; en 2015, Labor (Mexico) et Supportico Lopez (Berlin) partagent le même espace autour des œuvres de Jean Peter Hammer. Cette différence est plus marquée pour Projects qui se concentre sur des « solo booth » ou, comme lors de l’édition 2015, sur des artistes exclusivement féminines.

Independent semble adopter les codes du « Less is more » , à contre-courant de la culture du nombre qui domine le marketing des foires. Au même titre que d’autres initiatives telles que Moving Image, Independent se positionne sur le champ spécifique de l’expérimentation. Si la logique mercantiliste est moins présente, elle ne parvient toutefois pas à rompre entièrement avec le modèle traditionnel des foires; initialement gratuite, elle est devenue payante depuis 2014 pour couvrir les frais engendrés par Projects.

Vincent Kozsilovics
Publié le 15/04/2016
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View of Independent NYC 2015 © Independent New York Independent NYC new space at Spring Studios in TriBeCa © Evan Joseph/Spring Studios The Vanderborght building, where Independent Brussels will be held. © Photo: Isabelle Arthuis Hans Haacke, Weather, or not, installation view at X Initiative, New York. Courtesy the artist and X Initiative © Tom Powel Imaging Inc., New York

View of Independent NYC 2015
© Independent New York

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