Tendance à suivre

À Art Basel #17, reconfiguration du marché autour des fondamentaux

Marché de l'art | Dans un contexte de développement de nouvelles foires alternatives, hyper-spécialisées ou dédiées à une culture, Art Basel #17 confirme la tendance à la réactivation des fondamentaux occidentaux observée à Art Cologne et en 2016 à Frieze et à la Fiac. Une reconfiguration du marché et de l’histoire de l’art récente.

Franz Erhard Walther, Der Genauigkeit wegen nur lose angelehnt, 1980-83 © Galerie Jocelyn Wolff
Franz Erhard Walther, Der Genauigkeit wegen nur lose angelehnt, 1980-83
© Galerie Jocelyn Wolff

En 2017, Art Basel dessine une cartographie de galeries principalement occidentales, même si nombre de galeries « label » ou « leader » sont devenues intercontinentales avec des succursales dans des villes stratégiques à travers le monde. Sur un total de 227 galeries sélectionnées, 148 sont basées en Europe, 59 aux USA et Canada en regard de 9 galeries venues d’Asie, 3 du continent Afrique, toutes catégories confondues.

Sur cette foire qui constitue un thermomètre de marché prépondérant, la reconfiguration se manifeste notamment par l’intégration ou la réintégration d’artistes pionniers ou d’estates d’artistes décédés remis en avant sur le marché global.
Au cœur de ces enjeux, la galerie David Zwirner qui gère de nombreux « Estates » , propose pour la première fois des œuvres emblématiques de l’artiste allemand, élève de Joseph Beuys, Blinky Palermo (mort en 1977) ; tandis que la galerie Perrotin en association avec la galerie Simon Lee s’appuie sur des œuvres historiques de Hans Hartung. La galerie Leila Heller (New York, Beyrouth) expose des poubelles (1962) de l’artiste français Arman (mort en 2005), un ensemble radical et historique en phase avec un imaginaire contemporain de guerres, déplacements, traces. Une œuvre monumentale de François Morellet (mort en 2016) est proposée par les galeries Kamel Mennour (Paris/Londres) et Annely Juda (Londres) pour le secteur Unlimited en prévision d’une importante exposition à la DIA Fondation à New York.

D’autres artistes de notoriété refont surface après de longues années d’absence de foires majeures. C’est le cas pour l’artiste paysagiste écossais Ian Hamilton Finlay (mort en 2006) défendu par trois galeries de 1er marché présentes à la foire : Kewenig (Berlin), David Noland (New York), Stampa (Bâle). En phase avec des imaginaires se dessinant en prospective, le peintre conceptuel suisse Rémy Zaugg (mort en 2005) réapparaît sur les cimaises de la galerie Nordenhake (Berlin) après une exposition emblématique au très influent Consortium de Dijon en 2015/16. À 81 ans, le sculpteur allemand Franz Erhard Walther, défendu depuis 10 ans par la galerie Jocelyn Wolf (Paris) réinvestit le marché organique depuis son Lion d’or à la Biennale de Venise #17.
Enfin sur un marché plus à la marge, les femmes issues de l’avant-garde historique continuent à forcer les lignes de leur réintégration à l’histoire et au marché; Léa Lublin défendue par Déborah Schamoni (Munich) et surtout l’artiste allemande basée en Italie Irma Blank repérée à Frieze et à la Fiac en 2016, soutenue aujourd’hui par les galeries Gregor Podnar (Berlin, Ljubljana), Alison Jacques (Londres) et P420 (Bologne). À suivre.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 27/06/2017
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Franz Erhard Walther, Der Genauigkeit wegen nur lose angelehnt, 1980-83 © Galerie Jocelyn Wolff

Franz Erhard Walther, Der Genauigkeit wegen nur lose angelehnt, 1980-83
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