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Poétique des algorithmes : The House Of Dust By Alison Knowles au CNEAI

Contemporary Art | (Being Translated) L’exposition inaugurale du CNEAI dans ses nouveaux locaux de Pantin, The House of Dust, réactive la réflexion menée par Alison Knowles dès la fin des années 60 sur la possibilité d’une architecture entremêlant poésie et algorithmes.

Exposition CNEAI - House of Dust, Vue Générale © Photo - Nicolas Giraud
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Exposition CNEAI - House of Dust, Vue Générale
© Photo - Nicolas Giraud

The House of Dust, une réflexion systémique pionnière

Dans une profonde rupture avec la pensée rationnelle et les références fonctionnalistes de l’époque, l’artiste explore une poétique de la combinatoire. Son poème, transcrit par un télex, est généré par un logiciel qui associe virtuellement des possibilités autour de la notion d’habitat. Chaque quatrain égrène les caractéristiques d’une maison imaginaire; plusieurs variables façonnent la diversité des possibilités : situation géographique, matériaux, lumière et résidents fictifs. Elle obtient ainsi plus de 80.000 combinaisons envisageables.
En 1969, Alison Knowles traduit en “physicalité” un des quatrains, une maison produite à New York où de nombreux acteurs de la scène artistique s’y retrouvent pour incrémenter le processus créatif. Cet écosystème itinérant se déplace à Los Angeles en 1970, s’adapte à son nouvel environnement et se transforme rapidement en un lieu d’échange et d’innovation, continuellement changeant et changé par les individus qui s’y incorporent.

Un écosystème réactivé

L’exposition The House of Dust poursuit cette dimension participative aujourd’hui, le CNEAI invitant les artistes à produire des œuvres en résonance. Parmi eux, l’artiste-architecte Yona Friedman présente Le nouveau pavillonnaire où les structures métalliques indépendantes s’imbriquent pour repenser, voire contaminer, l’environnement; développant une pensée complexe en îlots d’habitation, l’artiste de 94 ans décompose la vision homogène pour mettre en exergue l’interrelation des sphères autonomes et interroge en pionnier la question de frontière.
La lisière entre intérieur et extérieur est mise en évidence à travers Fu-An, l’œuvre de Kengo Kuma qui propose une expérience au sein d’un habitat éphémère : deux tatamis japonais traditionnels drapés d’organdi, inspirant une impression d’intimité dans un espace de visibilité. La matérialité de l’architecture est dissoute, les repères se dérobent et les visiteurs expérimentent de nouvelles manières de voir, de se voir et d’interagir avec l’espace.
Suivant le protocole expérimental suggéré par Knowles, les invitations à prendre part aux travaux des artistes sont nombreuses. Ainsi, Lou Maria Le Brusq intègre dans le médium même de sa proposition, la dimension de l’aléatoire. Dans Métaplasme : Conapt, on découvre un installation en mutation composée de matériaux de construction inspirée d’un quatrain du poème. Les interventions incrémentées par les contributions collectives viennent complexifier son œuvre tout au long de l’exposition.

Geste systémique et algorithme poétique

En interaction permanente, chaque œuvre s’offre en microcosme mutant, issu d’un geste systémique et d’un algorithme poétique, préfigurant l’exploration de nouvelles potentialités architecturales dans l’avenir.
Si la poésie d’Alison Knowles pressent en 1969 le développement des NTIC des années 2000, Les Immatériaux au Centre Pompidou en 1985 est également annonciateur de l’impact de ces chaînes algorithmiques dématérialisées qui agencent aujourd’hui nos quotidiens. Moins de vingt ans plus tard, ce projet curatorial pionnier dirigé par Jean François Lyotard et Thierry Chaput vient creuser davantage la réflexion d’Alison Knowles. Dans sa réalisation, les espaces sont des archipels interconnectés, des microcosmes en réseaux dont les thématiques se croisent.

En réactivant cette pensée systémique, le CNEAI invite ainsi à habiter son nouvel espace à Pantin dans les bâtiments réhabilités par l’agence de communication BETC; il confirme surtout sa vocation de se constituer lui-même en écosystème artistique et systémique, où la création dématérialisée peut trouver son lieu d’expression.

Valentin Heinrich
Publié le 07/10/2017
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