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Ruinart se raconte par l'art

Art & entreprise | Ruinart, doyenne des Maisons de Champagne, investit la presque totalité de son budget de communication dans l’art, par le biais de commandes sous forme de carte blanche auprès d’artistes et par le mécénat de foires majeures. Un story-telling de mains de maîtres qui s’enrichit chaque année d’un nouveau chapitre, d’Alphonse Mucha à Vik Muniz.

Collaboration Vik Muniz & Ruinart, 2019 © Vik Muniz & Ruinart
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Collaboration Vik Muniz & Ruinart, 2019
© Vik Muniz & Ruinart

Le champagne de l’art par l’art

Tout a commencé en 1896. La Maison Ruinart créée au siècle des Lumières sur la vision d’un moine Dom Ruinart, est aussi la première à faire appel à un artiste de son époque pour imaginer une affiche. Alphonse Mucha, encore peu connu, incarne le nectar en une voluptueuse jeune femme, icône de l’Art Nouveau.

Sous la présidence de Frédéric Dufour, la Maison renoue avec cet acte originel, cet appel à l’art, cet apport de l’art, qu’il place au cœur de la marque, dans son ADN comme dans son image, du domaine champenois à l’international. En opposition au processus immuable, de l’invitation à résidence au sein de la Maison à l’exposition de l’œuvre, la sélection des artistes peut paraître disparate, résultat de coup de cœur interne, avec peut-être en creux ces deux dernières années, le choix d’artistes engagés éthiquement. L’artiste, immergé dans les vignes comme dans les caves, dans un échange permanent avec le chef de Caves Frédéric Panaïotis comme avec toute l’équipe, au plus près de la terre ou au plus profond des crayères, va extraire, extrapoler, sublimer ce qui fait Ruinart. En doper l’imaginaire. En révéler les savoir-faire. L’acte artistique est à portée multiple, en interne auprès des collaborateurs et en externe, se manifestant sur plus d’une quinzaine d’événements majeurs du monde de l’art, d’Art Basel à la FIAC et Paris Photo, en passant par Frieze ou Kyotographie.

En 2011, Gidéon Rubin, artiste israélien, peint les «  portraits de famille  ». En 2014, Georgia Russel sculpte à coup de scalpels le fac-similé du 1er livre de compte de septembre 1729. En 2016, le photographe Erwin Olaf fait témoigner les murs des caves qui distillent leurs secrets. En 2017, Jaume Plensa engendre le penseur «  Dom Ruinart  » en une silhouette de lettres de 8 alphabets différents amalgamés.

Collaboration Jaume Plensa & Ruinart, 2017 © Jaume Plensa & Ruinart
Collaboration Jaume Plensa & Ruinart, 2017
© Jaume Plensa & Ruinart

Sans oublier Piet Hein Eek et son arche monumentale en bois des caisses ou le Calendrier de Verre d’Hubert le Gall.

Collaboration Hubert le Gall & Ruinart, 2015 © Hubert le Gall & Ruinart
Collaboration Hubert le Gall & Ruinart, 2015
© Hubert le Gall & Ruinart

Après Liu Bolin en 2018 qui disparaît en compagnie des hommes Ruinart dans les vignes comme au sein des flacons pour mieux en révéler la substantifique alchimie.

Collaboration Liu Bolin & Ruinart, 2018 © Liu Bolin & Ruinart
Collaboration Liu Bolin & Ruinart, 2018
© Liu Bolin & Ruinart

Vik Muniz est l’artiste 2019.

Vik Muniz, Flow Hands © Vik Muniz
Vik Muniz, Flow Hands
© Vik Muniz
Ce dernier fait des sarments de vigne des serments de vie. La sève des ceps devient le sang des veines. Dans un entrecroisement de bois noircis ramassés sur place et de fusain, la vigne se tord, se danse, en noir et blanc. Vik Muniz assemble des matériaux glanés sur place, les transposant dans une autre réalité.

Un rituel esthétique

Des designers interviennent aussi à la demande de Ruinart pour réinventer un objet de service. Le désir est d’enchanter le moment de la dégustation, d’en augmenter la portée poétique, esthétique, artistique. Quand India Mahdavi imagine la petite cuillère à champagne censée retenir l’étreinte des bulles dans la bouteille, qu’Hervé Van der Straeten conçoit un rafraîchissoir en miroir ou que Ron Arad en façonne un tout en courbe, les accessoires de la dégustation deviennent des éléments de célébration. Un espace magique se dresse à la table d’apparat, le lustre de Maarten Baas s’en décroche et s’y bascule.

Collaboration Ron Arad & Ruinart © Ron Arad & Ruinart
Collaboration Ron Arad & Ruinart
© Ron Arad & Ruinart

Les mets se mettent au diapason. Après la création d’une Maison Ruinart éphémère durant la FIAC 2018, dans laquelle recevaient le chef triplement étoilé Emmanuel Renaut avec Liu Bolin dans une mise en scène de Nathalie Crinière, 2019 voit le lancement de Food for Art «  quand la gastronomie et l’art se croisent  ». Il s’agit d’amplifier encore la résonnance de l’œuvre créée et de tisser d’autres liens, d’inscrire de nouveaux acteurs dans l’aventure. Le chef étoilé David Toutain après de moult échanges avec le chef de caves et l’artiste a concocté des accords en vibrato à la série des Flow de Vik Muniz, jouant sur la matière, les matières, que dispense la nature. Les racines interprétées par le chef rappellent les photographies de l’artiste. De l’art à l’art de vivre.

Virginie Bertrand
Publié le 26/03/2019
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Collaboration Vik Muniz & Ruinart, 2019 © Vik Muniz & Ruinart Collaboration Hubert le Gall & Ruinart, 2015 © Hubert le Gall & Ruinart Collaboration Erwin Olaf & Ruinart 2016 © Erwin Olaf & Ruinart Collaboration Jaume Plensa & Ruinart, 2017 © Jaume Plensa & Ruinart Collaboration Liu Bolin & Ruinart, 2018 © Liu Bolin & Ruinart

Collaboration Vik Muniz & Ruinart, 2019
© Vik Muniz & Ruinart

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