Tendance à suivre

Art Paris, les tendances

Marché de l'art | En phase avec les mutations sociétales actuelles, Art Paris affine son identité locale-globale, une démarche spécifique très construite qui permet la rencontre de réalités artistiques d’ailleurs tissées aux contextes français et européen. L’édition 2019 continue l’exploration de la scène française avec un versant genre féminin et éclaire les diversités esthétiques du continent sud-américain des années 1960 à nos jours. Ces deux trajectoires se croisent et entrent en résonance avec les problématiques contemporaines. Les tendances à retenir.

Esther Ferrer, ‘‘Mains féministes‘‘ #01, série Le livre des mains, 1977 © Galerie Lara Vincy
Esther Ferrer, "Mains féministes" #01, série Le livre des mains, 1977
© Galerie Lara Vincy

Le genre féminin à l’étude

Depuis 2016, les foires d’art contemporain résonnent au diapason de la relecture de l’histoire de l’art en favorisant la visibilité d’artistes femmes sur le terrain du marché, longtemps oubliées par lui. Art Paris va directement à la source de ce changement en invitant la plate-forme Aware : Archives of Women artists, Research and Exhibitions à mettre en évidence un choix d’artistes femmes dans la foire. Ce collectif associatif se constitue en 2014 à l’initiative de Camille Morineau dans le droit fil de l’emblématique présentation du Centre Pompidou elles@centrepompidou en 2009-2011. Aware concentre sa recherche sur ce pan manquant et documente les travaux d’artistes femmes en vue de la constitution d’une archive vivante d’avenir. Le genre féminin est à l’étude à travers le commissariat intitulé Une scène française d’un autre genre qui structure en quatre temps les grandes lignes d’une histoire en train de s’écrire  :
- L’Abstraction : avec entre autres Anna-Eva Bergman / galerie Poggi, Bernadette Bour / Galerie Livinec, Marinette Cueco / galerie Univer....

Anna-Eva Bergman, N°8 Petit mur d'argent, 1964 © Galerie Jérôme Poggi
Anna-Eva Bergman, N°8 Petit mur d'argent, 1964
© Galerie Jérôme Poggi

- L’avant-garde féministe : Esther Ferrer / galerie Lara Vincy, Marie Orensanz / School gallery, Orlan / Ceysson Bénetière...

Marie Orensanz, Accumulateur, 1987 © School Gallery / Olivier Castaing
Marie Orensanz, Accumulateur, 1987
© School Gallery / Olivier Castaing

- L’image : Martine Aballéa / galerie Dilecta, Sophie Ristelhueber / galerie Poggi, Valérie Belin / galerie Obadia...

Sophie Ristelhueber, Fait#29, 1992 © Galerie Jérôme Poggi
Sophie Ristelhueber, Fait#29, 1992
© Galerie Jérôme Poggi

- La théâtralité : Ulla von Brandenburg / Art Concept, Laure Prouvost / galerie Obadia,Karina Bisch / galerie Bernard...

Karina Bisch, Exposition Karina Bisch, 2019 © Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico
Karina Bisch, Exposition Karina Bisch, 2019
© Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico

Les lignes continuent de bouger puisque le nombre d’artistes femmes sur la foire progresse de 50% depuis l’édition 2016 avec 43% de solo show permettant une lecture approfondie des œuvres.

La poétique du politique enlumine l’Amérique du Sud

L’histoire de ce continent colonisé au XVe siècle imbibe les générations et les imaginaires, insémine une résonance politique à la poétique des pratiques artistiques aussi diverses soient-elles. Valentina Locatelli, la commissaire invitée, choisit de mettre en évidence 60 artistes argentins, brésiliens, chiliens, colombiens, cubains, mexicains, péruviens et vénézuéliens visible dans 29 galeries françaises, d’Amérique latine dont une galerie chinoise qui ouvre une fenêtre sur la jeune génération cubaine.

Carmen Mariscal, ''La esposa esposada (l’épouse menottée)'', 2018 © Ana Mas Projects
Carmen Mariscal, ''La esposa esposada (l’épouse menottée)'', 2018
© Ana Mas Projects

Pour parfaire cette exploration des diversités du continent sud-américain, Art Paris invite la collectionneuse et historienne de l’art Catherine Petitgas, spécialiste de l’art latino-américain à présenter une partie de sa collection au sein de la foire. Amazones présente une trentaine d’œuvres réalisées par une vingtaine d’artistes femmes provenant des pays du bassin amazonien, essentiellement du Brésil, de Colombie, du Pérou et du Venezuela.

Anna Bella Geiger, Historia do Brasil. Little Boys & Girls, photographie, 1975, © Courtesy collection Catherine Petitgas
Anna Bella Geiger, Historia do Brasil. Little Boys & Girls, photographie, 1975,
© Courtesy collection Catherine Petitgas
De cette esthétique amazonienne, des lignes universelles fortes se dégagent comme l’identité féminine, la lutte des minorités, la menace écologique sur le bassin amazonien.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 27/03/2019
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Esther Ferrer, “Mains féministes“ #01, série Le livre des mains, 1977 © Galerie Lara Vincy

Esther Ferrer, "Mains féministes" #01, série Le livre des mains, 1977
© Galerie Lara Vincy

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