Tendance à suivre

Paris Photo 2018, une ampleur Fine Arts

Art contemporain | Depuis son installation au grand Palais, Paris Photo s’attache à développer tous les aspects du médium photographique avec une ampleur et une exigence qui portent aujourd’hui tous leurs fruits. Cette qualité « Fine arts » ou plus simplement plasticienne semble influer elle-même sur l’évolution du travail des photographes que ce soit dans des recherches picturales, expérimentales ou performatives allant jusqu’à la production d’objets uniques quasi sculpturaux ou même d’installations et permet aux galeries de présenter finement les spécificités de leurs expertises.

David Hockney - Focus Moving, 2018 © Courtesy Pace and Pace / MacGill Gallery - New York
David Hockney - Focus Moving, 2018
© Courtesy Pace and Pace / MacGill Gallery - New York

Un leadership d’inspiration

Première foire mondiale dédiée au médium photographique, la 22e édition de Paris Photo confirme son leadership tant par de fortes ventes que par l’accroissement du nombre de ses visiteurs  : + 6,7% par rapport à l’année précédente. Avec ses 168 galeries et 31 éditeurs venus de 30 pays, elle recouvre largement les champs d’expression du médium depuis sa naissance. En créant cette unité inédite d’espace et de lieu à l’exposition de toutes ses pratiques, activerait-elle une influence directe sur l’écriture même de l’Histoire de l’Art, prouvant combien les mutations de ce médium sont signifiantes à nos représentations d’un monde perçu aujourd’hui simultanément comme fini et infiniment plié? L’engagement croissant des collectionneurs et des institutions dans ses allées semble répondre positivement à cette question et l’impose définitivement dans sa dimension de foire «  Fine Arts  »

Cette dimension «  Fine arts  » ou plus simplement plasticienne semble influer elle-même sur l’évolution du travail des photographes qui donnent à leurs œuvres une dimension plastique croissante que ce soit dans des recherches picturales, expérimentales ou performatives allant jusqu’à la production d’objets uniques quasi sculpturaux ou même d’installations. Ainsi Paris Photo contextualise nos désirs d’ouvrir des espaces finis et la nécessité de réinterpréter nos récits et nos temporalités historiques et esthétiques alors que les polarités culturelles mondiales se complexifient chaque année davantage.

La place des femmes  : une question de premier plan

Sur la totalité des stands de la foire, 190 femmes sont représentées contre 697 hommes  : soit 21%, une femme pour cinq photographes. Ce progrès entamé en 2017 s’affirme cette année par le parcours ELLES X, 100 femmes photographes. Ce parcours largement plébiscité se déroule sur l’ensemble des stands. Il est organisé conjointement par le Ministère de la Culture et la commissaire indépendante Fannie Escoulen, chargée également de la création du Ooshot Award, nouveau prix dédié à la commande photographique. En complément, un nouveau secteur «  Curiosa  » dédié aux représentations du corps est défini par Martha Kirszenbaum, commissaire responsable du département photographie du Centre Georges Pompidou et future commissaire du pavillon français à la Biennale de Venise 2019.

Lutte identitaire sur tous les fronts

Heather Agyepong, Too Many Blackamoors, 2015 (montage de 3 photos) © 2018 James Hyman Gallery
Heather Agyepong, Too Many Blackamoors, 2015 (montage de 3 photos)
© 2018 James Hyman Gallery
Cette place accentuée des femmes fait écho à l’urgence des questions politiques soulevées par les processus de désaliénations tant au niveau sociétal, sexué/gendré que postcolonial qui s’expriment au travers de la présence croissante de photographes issus du continent africain, sud-américain ou de la société afro-américaine. Cette culture des marges se concentre davantage à être sujette qu’à être témoin et cette dynamique performative lui donne naturellement place au sein de l’Art contemporain.

Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere, Lake Chivero, Aug 31, 1972, 2017 © Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere
Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere, Lake Chivero, Aug 31, 1972, 2017
© Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere
Que ce soient les ironies anachroniques de Heather Agyepong, les archives fictives du couple mixte zimbabwéen Rachel Monosov & Admira Kamudzengerere ou les métamorphoses de la sud-africaine Zanele Muholi, une jeune génération utilise toutes les ressources de l’auto-fiction et se positionne dans la généalogie du piège photographique : d’une Rose Selavy perpétuée par Michel Journiac ou Cindy Sherman. La chair oblitérée de Jo Ann Callis impose sa contemporanéité.

Jo Ann Callis - Girl With Black Washc loth, 1977 © Courtesy Rosegallery, San Diego, Californie
Jo Ann Callis - Girl With Black Washc loth, 1977
© Courtesy Rosegallery, San Diego, Californie
La photographe Laia Abril remporte le prix Aperture avec son livre On Abortion. Mais le corps même du photographe construit aussi l’unicité. Unicité phénoménologique, unicité gestuelle, unicité temporelle.

Sophie Boursat
Publié le 27/11/2018
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David Hockney - Focus Moving, 2018 © Courtesy Pace and Pace / MacGill Gallery - New York

David Hockney - Focus Moving, 2018
© Courtesy Pace and Pace / MacGill Gallery - New York

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