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Paris Photo, un écosystème de marché et d'inspiration

Marché de l'art | Le domaine de la photographie recouvre des mondes et des marchés aussi distincts que la photographie historique & technique, le documentaire & le reportage, la mode & le cinéma, l’édition et l’art. Vingt après ans après la foire New-yorkaise pionnière The Photography Show (1978) centrée sur la photographie américaine, Paris Photo est fondée en 1997 pour ouvrir le marché à l’Europe. Depuis la foire parisienne ne cesse de décloisonner ces mondes, s’adapter à l’évolution du statut de l’image et ainsi reconfigurer le marché.

Juana Gomez, Sistema Central, 2015 © Juana Gomez. Courtesy of Isabel Croxatto
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Juana Gomez, Sistema Central, 2015
© Juana Gomez. Courtesy of Isabel Croxatto

Écosystème de marché

Sous la direction bicéphale de Christophe Wiesner et Florence Bourgeois depuis 2015, on observe une augmentation significative du nombre d’exposants : 169 (dont 26 éditeurs) en 2014 pour 189 (dont 30 éditeurs) en 2017.

Sans prendre en compte le secteur Éditions, la répartition des galeries est proportionnellement similaire d’une année à une autre et construite selon un même modèle : une majorité de galeristes européens (69% en 2017 / 68% en 2015) et nord-américains (20% en 2017 / 21% en 2015). Parmi les 90% de galeries occidentales, le trio France - États-Unis - Allemagne se répartit depuis 2015 presque 70% des participants; un peu plus du tiers pour la France, 22% pour les États-Unis et entre 12 et 15% pour l’Allemagne.
Malgré la présence en 2017 de 25 nouvelles galeries, l’ouverture vers les pays non occidentaux est plus marquée pour le secteur Éditeurs. La 21e édition de Paris Photo rassemble ainsi 75% d’exposants européens et nord-américains et 20% d’exposants asiatiques.

En parallèle, on constate au fil des éditions un accroissement du nombre de partenaires de Paris Photo : en plus des officiels et historiques - J.P Morgan Chase Art Collection et BMW Art & Culture - 6 entreprises s’engagent au côté de la foire en 2017 contre 2 en 2015.

Significatif de l’attractivité de la foire parisienne, cette mutation témoigne du caractère éclaté du marché de la photo. D’une catégorie socioprofessionnelle spécifique en 2015 avec BMW, Giorgio Armani et J.P Morgan, le champ est étendu vers un public plus large en 2017 notamment à travers le Prix Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award et l’espace Elliott Erwitt Havana Club 7 Fellowship.

Stimuli d’inspiration

Ayant pour vocation de couvrir un public très élargi en catégories sociales et en tranche d’âge, l’édition 2017 lance néanmoins des stimuli d’inspiration et intègre les problématiques actuelles de la société.

Dans le contexte de mise en avant des fondamentaux historiques dans la photographie (beaucoup d’argentiques), on peut dégager une tendance autour de la manipulation de l’image qui répond à la nécessité de poser le Temps. Ainsi, le travail de l’anglaise Julie Cockburn, sur le stand Flower Gallery, propose une nouvelle vie à des photographies en noir et blanc récupérées ici et là, en les rehaussant d’une broderie colorée, souvent par une forme abstraite ; la nostalgie suscitée par l’image tend alors à disparaître pour redonner un nouveau corps à la personne photographiée. Encore plus étonnant, les œuvres anatomiques de la chilienne Juana Gomez : sur son corps photographié en noir et blanc, l’artiste réactive la vie, la sienne, en brodant patiemment en fils de couleurs les réseaux sanguins, les nerfs.
Manipuler le point de vue de l’image. Il en va ainsi avec celles de l’américain James Casebere, représenté par Daniel Templon, qui saisit les architectures des maquettes qu’il a lui-même construites pour en donner à voir une impression de réalisme augmentée par des tirages grands formats. Tandis que Philippe de Gobert, chez Aline Vidal, joue d’une mise en abîme des espaces qu’il photographie et qui sont des maquettes d’ateliers d’artistes reconstituées à partir d’images d’archives.

Vincent Kozsilovics / Christine Blanchet
Publié le 29/11/2017
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Juana Gomez, Sistema Central, 2015 © Juana Gomez. Courtesy of Isabel Croxatto Juana Gomez, Constructal, X 2017 © Juana Gomez. Courtesy of Michael Hoppen Gallery / Isabel Croxatto Gallery Julie Cockburn, First Flush, 2017 © Julie Cockburn, Courtesy of Flowers Gallery James Casebere, Flooded Courtyard with Tree, 2017 © Courtesy Galerie Templon, Paris-Brussels Philippe De Gobert, NY 3, 2016 © Philippe De Gobert / galerie Aline Vidal

Juana Gomez, Sistema Central, 2015
© Juana Gomez. Courtesy of Isabel Croxatto

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