Tendance à suivre

Les tendances prospectives vues à la FIAC 2017

Marché de l'art | Les grandes foires internationales sont des lieux de négoce, mais aussi des lieux d’informations sur les tendances de création. Si côté marché, la FIAC confirme une concentration des fondamentaux historiques reconnus ou encore méconnus, on peut extraire du dédale de stands propre à une foire, deux fils rouges prospectifs préfigurant l’évolution d’une esthétique contemporaine, entre corps mutants et habitats utopiques.

Tomás Saraceno, Stillness in Motion - 35.02, 2017 © Courtesy de l’artist et de la galerie Esther Schipper
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Tomás Saraceno, Stillness in Motion - 35.02, 2017
© Courtesy de l’artist et de la galerie Esther Schipper

Corps mutants

L’ère numérique hyperconnectée nourrit aujourd’hui l’imaginaire collectif autour des transformations génétiques, de l’intelligence artificielle. On observe à la FIAC 2017 la présence d’artistes, la plupart reconnus par le marché, qui interrogent la question du corps mutant. La galerie Kamel Mennour met en avant une sculpture monumentale de l’artiste suisse Ugo Rondinone Moonrise East (2005) issue d’une série de 12 figures de monstres drolatiques et expressifs qui semblent échappées d’une archéologie de notre futur. Pour ses sculptures 2016/2017 présentes sur le stand de Métro Pictures, Camille Henrot s’inspire des sculptures d’henri Moore recompose aléatoirement des éléments corporels.

Thomas Bayrle, Scheibenwischer (Dirigent), 2013 (detail) © Courtesy de l'artiste et de la Galerie Mezzanin
Thomas Bayrle, Scheibenwischer (Dirigent), 2013 (detail)
© Courtesy de l'artiste et de la Galerie Mezzanin
Sur le stand de la galerie Mezzanin, la sculpture animéee intitulée Der Dirigent (2013) de l’artiste Thomas Bayrle, pionnier allemand du Pop Art, se présente avec humour comme un homme-machine - un chef d’orchestre- qui génère des vibrations au rythme d’une musique d’Eric Satie ; la machine humanoisée et poétisée est à l’image d’un corps sensible. Les préoccupations des artistes autour des déformations-transformations du corps humain se retrouvent encore chez Jean-Luc Moulène à la galerie Chantal Crousel, Orlan à la galerie Espaivisor ou encore Jim Shaw qui investit le stand de Praz-Delavalade...

Habitats utopiques

Au cœur des solutions d’avenir liées aux flux migratoires qui ancrent l’imaginaire collectif, l’habitat mobile, précaire ou de survie va peu à peu inverser la tendance des Archi-sculptures attractives du type Guggeheim-Bilbao. En témoigne l’intérêt grandissant des maquettes de l’artiste-architecte pionnier Yona Friedman sur le stand de la galerie Jérôme Poggi. À travers ses Utopies réalisables évolutives, il s’agit pour l’artiste de reconfigurer le rôle de l’architecte sur le plan de la survie de l’espèce humaine dans un monde où les inégalités augmentent. 
La galerie Esther Schipper met pour la première fois en avant, sur un stand de foire, la globalité des recherches autour de la toile d’araignée de Tomas Saraceno, habitué des grandes biennales internationales ; l’artiste argentin explore de nouvelles façons durables d’habiter et de sentir l’environnement. Ses visions utopiques découlent d’une approche systémique impliquant l’art, l’architecture, les sciences naturelles, l’astrophysique et l’ingénierie. Il aborde les principes clés de réorganisation de la société, la coopération, la cohabitation, les systèmes en réseau interdépendants. Vers un habitat en galaxie.

Analyse complète création/marché sur demande.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 25/10/2017
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Tomás Saraceno, Stillness in Motion - 35.02, 2017 © Courtesy de l'artist et de la galerie Esther Schipper Thomas Bayrle, Scheibenwischer (Dirigent), 2013 (detail) © Courtesy de l'artiste et de la Galerie Mezzanin Larrisa Fassler et Yona Friedman, vue du stand de la Galerie Jérôme Poggi, FIAC 2017 © Nicolas Brasseur / Courtesy Galerie Jérôme Poggi, Paris

Tomás Saraceno, Stillness in Motion - 35.02, 2017
© Courtesy de l’artist et de la galerie Esther Schipper

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