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La thématique Afrique, facteur de marché

Marché de l'art | En 1989, l’exposition Magiciens de la Terre inverse des préjugés et anticipe un marché en devenir. Dans son sillage, de 2004 à 2007, l’itinérance de Africa Remix conçu par Simon Njami recentre la pluralité du continent africain comme une force vive; cette exposition de référence qui voyage entre Dusseldorf, Londres, Paris, Tokyo, Stockholm et Johannesburg infuse l’écosystème de l’art contemporain et formule dans la foulée des nouvelles structures de marché dédiées.

Njideka Akunyili Crosby, Nwantinti, 2012 © Njideka Akunyili Crosby
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Njideka Akunyili Crosby, Nwantinti, 2012
© Njideka Akunyili Crosby

Si l’Afrique compte déjà des rendez-vous prépondérants parmi lesquels la FNB Joburg Art Fair, une foire majeure du continent, la Cape Town Art Fair en Afrique du Sud ou le LagosPhoto Festival au Nigéria fondé par Azu Nwagbogu, ces dernières années voient l’émergence de foires étrangères intégralement construites autour de la création contemporaine africaine. Fondée en 2013 par Touria El Glaoui, la foire 1 : 54 Contemporary African Art Fair se déroule dans deux des capitales les plus dynamiques du marché de l’art, à Londres et depuis 2015 à New York. La foire parisienne AKAA (Also Known As Africa) créée en 2016 par Victoria Mann étend son champ d’exploration à l’univers du design africain.
L’essor de ce marché se reflète aussi à travers des ventes aux enchères spécifiques. En 2007, la maison Bonhams lance Africa Now, une vente annuelle aujourd’hui déclinée en deux rendez-vous, Art moderne (mai), Art contemporain (octobre). En 10 ans, on y recense quelques pics de référence  : Arab Priest (1945) de Irma Stern acquis par le Qatar Museums Authority en 2011 pour £3 millions ou l’œuvre Nouvelle carte du monde du Ghanéen El Anatsui vendue 550.000£ l’année suivante.

On observe des artistes dont la cote est établie ou en forte progression sur le premier marché bénéficier d’une hausse des prix sur le marché public des ventes aux enchères telle que la Nigérienne Njideka Akunyili Crosby, lauréate en 2014 du Smithsonian American Art Museum’s James Dicke Contemporary Art Prize. L’effet prix agit sur le second marché et son œuvre Drown (2012) est vendue 1.092.500$ (estimations  : 200.000 - 300.000$) lors de la vente Sotheby’s New York le 17 novembre 2016. Ce type de phénomène reste encore une exception (réf. Art Market Monitor), le premier marché demeurant relativement accessible; par exemple, à la Frieze Master 2016, deux dessins de Marlène Dumas sont vendus par Hauser & Wirth pour 45.000$ chacun. Aux éditions 2016 de Frieze London et Art Basel, la Goodman Gallery cède une photographie de Mikhael Subotzky datée de 2006 pour 15.000$, une photographie du Nigérien ruby onyinyechi amaze pour 8.000$, l’œuvre du Sud-Africain Walter Oltmann Caterpillar Suit IV (2016) pour 28.000$, la peinture Untitled (Office for the Enregisterment of Slaves, 2016) de l’artiste Zimbabwéen Kudzanai Chiurai pour 30.000$ et la pièce No conciliation is possible I (2016) du Zambien Nolan Oswald Dennis pour 3.900$.

Toutefois, si l’art contemporain d’Afrique a cessé d’être considéré comme une « curiosité de marché », si de nombreuses voix revendiquent un dialogue d’égal à égal avec l’Occident, les artistes africains sont toujours peu représentés sur le marché global. Parmi les 17 artistes africains exposés lors de la manifestation de référence Magiciens de la Terre (1989), seuls les Congolais Cheri Samba et Bodys Isek Cinglez, l’Ivoirien Frédéric Bruly-Bouabre, la Sud-africaine Esther Mahlangu et le Nigérien Twins Seven Seven intègrent le classement des 100 artistes africains les plus côtés selon le Africa Market Art Report coordonné par le marchand d’art Jean-Philippe Aka. Une situation amenée à évoluer avec la multiplication d’évènements tels que l’édition 2017 de Art Paris Art Fair qui explore la scène africaine actuelle à travers une sélection pointue de 17 galeries, dont 11 issues du continent avec, en toile de fond, un nouveau regard sur l’Afrique porté par la commissaire Marie-Ann Yemsi. À suivre.

Vincent Kozsilovics / Nina Rodrigues-Ely
Publié le 31/01/2017
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Njideka Akunyili Crosby, Nwantinti, 2012 © Njideka Akunyili Crosby Vue de l'exposition Africa Remix, “The Townshipwall n° 10“, Antonio Ole (2004) © Courtesy de l'artiste

Njideka Akunyili Crosby, Nwantinti, 2012
© Njideka Akunyili Crosby

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