Tendance à suivre

Extension du domaine de la modernité, Biennale de Lyon (1er volet)

Art contemporain | La 13e Biennale de Lyon est le premier volet d’une réflexion lancée par Thierry Raspail à partir du mot Moderne couvrant les deux biennales suivantes. Dans cette session 2015 intitulée La vie moderne, le commissaire américain Ralph Rugoff, directeur de la Hayward Gallery à Londres, s’attache à interroger le temps présent dans l’espace concentré du monde.

Détail affiche 13e Biennale de Lyon © Biennale de Lyon
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Détail affiche 13e Biennale de Lyon
© Biennale de Lyon

Les 61 artistes sollicités, - 20% que les éditions précédentes, originaires de 5 continents y répondent à travers des œuvres qui captent des signes de mutation, des incertitudes, des excès, des peurs et les émotions qui en découlent. D’une manière générale, les questions proprement occidentales de modernité ou de modernisme se repositionnent, s’inversent ou se diluent dans la complexité et la multiplicité des approches d’aujourd’hui. Trois grands axes en structurent la lecture :

Le recours au document comme médium

Si l’Occident voit naître la modernité dans le sillage de la révolution industrielle, au sein des nations qui forment le continent européen et dans le déroulement de la colonisation, les anciens territoires et pays colonisés inversent aujourd’hui les données et revendiquent une autre lecture de leur propre histoire ; les modernités émergentes s’affirment en rupture avec la modernité eurocentrée. Les artistes de tous bords tendent à redéfinir de manière quasi anthropologique ou sociologique la contraction de leur histoire au monde contemporain. Ainsi l’installation de Kader Attia, Réparer l’irréparable conçue en open space avec la présentation de 18 vidéo-témoignages ; Hunting and collecting de l’artiste congolais Sammy Baloji réactive une archive coloniale de photos des expéditions au Congo belge du taxidermiste Carl Akeley ; la série de photographies Oil Rich Niger Delta de l’artiste nigérien George Osodi est constituée de deux cents images des dégradations de l’écosystème du fleuve Niger et les conséquences sur la population locale ; ou encore l’artiste vietnamienne Nguyen Trinh Thi, le Sud-africain Daniel Naudé, le Taïwanais Yuan Goang-Ming, Yto Barrada...

Le recours à l’inventaire comme médium

Pour donner une forme à l’informe des champs virtuels, de confusion ou de perturbation, certains artistes ont recours à l’inventaire... vu comme une méthodologie poétique.
L’installation The personal effect of Kim Dotcom de l’artiste Néo-Zélandais Simon Denny met en espace un inventaire qui frappe par sa démesure : l’exposition des biens hétéroclites confisqués par le FBI au mégalomane patron de Megaupload, Kim Dotcom, donne une réalité à l’espace virtuel.
Petite anthologie de la triche, l’installation théâtralisée de l’artiste français Julien Previeux canalise et structure dans une envolée poétique l’espace vertigineux de la triche en racontant des anecdotes absurdes sur chacun de ces objets; et encore la série 9 eyes de Jon Rafman, ou les œuvres de Tony Oursler, Mohamed Bourouissa...

Le recours à la métaphore visuelle comme médium

Dans le droit fil de la tendance simulacre qui parcourt les années 2000, on observe actuellement une voix métaphorique chez la génération suivante d’artistes, tous horizons confondus, en alerte sur les mutations profondes qui se déroulent « en direct » avec leur lot d’incertitudes. Les œuvres se construisent par le réel; elles portent en elles le transfert par analogie visuelle ou sensorielle d’un événement, d’une idée, d’un positionnement ou d’un constat en rapport avec une réalité. Ainsi Hello & Thank you, 2015 de Camille Henrot, Permanent Residence du Grec Andreas Lolis, l’installation lumineuse Surface de diffusion spectrale de l’Égyptien Magdi Mostafa. Et encore : Mike Nelson, Haegue Yang, Arseny Zhilyaev, Lui Wei...

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 22/09/2015
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Détail affiche 13e Biennale de Lyon © Biennale de Lyon Kader Attia, Les oxymores de la Raison Création Biennale 2015 © Blaise Adilon Sammy Baloji Hunting & Collecting, Création Biennale 2015 © Blaise Adilon George Osodi, Oil Rich Niger Delta © Blaise Adilon Nguyen Trinh Thi, Landscape Series #1 - 2013 © Blaise Adilon Daniel Naudé, Ankole 13. Kiruhura district,Western Region, Uganda - 2012 © Blaise Adilon Yuan Goang-Ming, Before Memory - 2011 © Blaise Adilon Simon Denny, The personnal effects of Kim Dotcom 2014 © Blaise Adilon Julien Prévieux, Petite anthologie de la triche Création Biennale 2015 © Blaise Adilon

Détail affiche 13e Biennale de Lyon
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