Tendance à suivre

L'art contemporain africain en mouvement

Art contemporain | La généralisation des expositions consacrées à l’art contemporain africain s’affirme en Occident par une attractivité de plus en plus déployée. De l’élan manifesté par la Biennale de Venise à l’investissement des fondations d’entreprise, cette effervescence met en lumière la réapparition d’une stratégie à succès que courtisent aujourd’hui toutes les structures du middle market.

Exposition Beauté Congo at Fondation Cartier © Fondation Cartier
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Exposition Beauté Congo at Fondation Cartier
© Fondation Cartier

Si la présence de l’Afrique à la Biennale de Venise a commencé dès les années 20, l’événement prend aujourd’hui de nouvelles ampleurs avec pour la première fois cette année un commissaire nigérian (Okwui Enwezor) à la tête de l’exposition, et plus de 35 artistes africains sur 136 invités. Véritable rampe de lancement en Europe, la Biennale de Venise a fait des émules, déployant l’art contemporain africain dans toutes les typologies de structures, y compris les musées. En témoigne le rôle d’André Magnin qui, dès la fin des années 80, participe au commissariat de l’exposition Magiciens de la terre (1989) au Centre Pompidou avant de se lancer dans la constitution de collections privées spécialisées dans le domaine, notamment celle de Jean Pigozzi. Récemment, Magnin s’est fait remarquer à la jeune foire 1 : 54 - sponsorisée, entre autres, par Christie’s - de Londres ou encore en ayant sélectionné les œuvres de la vente African Stories chez Piasa en octobre 2014. En parallèle de cette vente est d’ailleurs né le Prix Orisha pour l’art contemporain africain, ayant pour vocation de « mettre en lumière les démarches les plus emblématiques de la scène africaine subsaharienne ».

À l’origine du Prix, Timothée Chaillou qui participe notamment en décembre 2015 à la direction artistique d’AKAA (Also Known As Africa), la première foire d’art contemporain et de design centrée sur l’Afrique en France. L’expansion des foires spécialisées art contemporain africain est rejointe par les fondations d’entreprises qui s’illustrent en 2015 avec des expositions d’envergure : la Fondation Blachère avec Visibles/Invisibles (mars-septembre) sur l’Afrique urbaine et ses marges, la Fondation Cartier avec Beauté Congo (juillet-novembre) commissionnée par André Magnin ou encore la Fondation Wanås en Suède avec Barriers (mai-novembre). La multiplication de ces catalyseurs met en évidence un double-intérêt, à la fois local et global : la Fondation Zinsou par exemple, soutenue par le Premier ministre béninois et actionnaire de Piasa, soutient les collectionneurs occidentaux dans leurs démarches d’acquisitions. Un facteur économique qui se retrouve également dans l’acquisition par la Tate en 2013 d’une série d’installations de Meshac Gaba, Museum of Contemporary African Art, financée par la banque nigériane GTBank. Si certains artistes africains réussissent à intégrer les collections d’institutions européennes et américaines comme le Centre Pompidou et le MoMA, d’autres restent à l’écart de cette tendance nécessaire d’être pérennisée à travers un marché intra-africain.

Maxime Gasnier
Publié le 28/07/2015
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Exposition Beauté Congo at Fondation Cartier © Fondation Cartier Exposition Visibles Invisibles à la Fondation Blachère © Crédit photo Odile Pascal Foire 1:54 at Pioneer Works NY 2015 © Pioneer Works NY 2015

Exposition Beauté Congo at Fondation Cartier
© Fondation Cartier

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