Tendance à suivre

La copie d'antique réactivée

Art contemporain | Des expositions ayant pour sujet « la copie » remettent au goût du jour la question de l’académisme qui est la norme artistique du XVIIe à l’orée du XXe : enseigner et perpétuer les cadres et codes esthétiques de l’antiquité et des anciens. La notion de copie dénigrée par la modernité occidentale semble aujourd’hui réhabilitée au service d’une nouvelle vision.

Gazing Ball (Antinous-Dionysus) plaster and glass 2013 © Jeff Koons
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Gazing Ball (Antinous-Dionysus) plaster and glass 2013
© Jeff Koons

Selon Salvatore Settis, spécialiste en archéologie, co-curateur des expositions jumelles, Serial Classic et Portable classic à la fondation Prada, la copie dans l’art est d’abord au service du processus créatif. Ainsi à l’époque romaine, la réduction d’échelle et la sérialité des œuvres d’art antiques sont des créations continues pour assimiler, repenser et faire renaître les modèles grecs; le copiste est un sculpteur qui par la compréhension et la répétition du geste se fusionne à l’auteur du modèle. Au XXe siècle, la Modernité rompt et déconstruit les principes et les codes d’une œuvre d’art définis par l’Académisme au profit de l’expérimentation, de l’invention de nouvelles formes, d’une aspiration tournée vers l’avant-garde, de la singularité de l’artiste; l’individualisme, qui est le maître étalon moderne, fait surgir les notions d’originalité, d’unique comme valeur prépondérante.

La civilisation internet produit aujourd’hui de nouveaux paradigmes que sont le partage, l’expression de soi, le participatif à des grands mouvements de masse; la recherche de la distinction devient dérisoire; la dissolution de l’unicité de la personne se profile. S’ouvre un terrain favorable au regain d’intérêt pour la copie antique et classique, la tradition. À Londres, le Hepworth Wakefield Museum, à travers l’exposition Plaster takes shape over 200 years interroge l’évolution des formes en réanimant des copies en regard d’œuvres contemporaines, sans aucune hiérarchie chronologique mais unifiées par leur médium en plâtre donnant une tessiture générale de fossilisation. Les dernières œuvres de Jeff Koons de la série Gazing Ball attestent également de cette ré-appropriation des codes corporels traditionnels comme préservés par la matérialité du plâtre de la copie. Le domaine de la publicité et la communication culturelles produit généralement des jeux de « visuels impactant » mettant en affiche des œuvres antiques conservées dans les musées ou des copies (réf. communication 2015 du Voyage à Nantes).

Vers une traversée de temps.

Carlotta Montaldo / Nina Rodrigues-Ely
Publié le 22/06/2015
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Gazing Ball (Antinous-Dionysus) plaster and glass 2013 © Jeff Koons Installation view of Plasters: Casts and Copies Photography by Tom Arber © The Hepworth Wakefield

Gazing Ball (Antinous-Dionysus) plaster and glass 2013
© Jeff Koons

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