Tendance à suivre

Quand l'énergie devient forme

Art contemporain | Les expérimentations historiques sur la lumière puis sur la perception, les relations entre l’art et la danse, la circulation d’œuvres immatérielles dessinent en creux une matière qui échappe à la représentation mais qui prend une toute autre dimension dans le monde globalisé : l’energie.

Joseph Beuys, Capri-Battery, 1985 © Lucio Amelio
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Joseph Beuys, Capri-Battery, 1985
© Lucio Amelio

Au cœur de la lumière, de la perception, du corps se déploie l’espace de l’énergie dans son infinie multiplicité, rayonnement, vibration, électricité, magnétisme, aura, charge, battement, oscillation, force vitale, flux, énergie circulatoire, énergie relationnelle, énergie productive... La captation de l’énergie, lui donner une forme, a motivé et continue de motiver des processus éclectiques d’artistes à travers le temps, l’espace, les mouvements actuels du monde.
Ce médium s’extrait de la contemplation ou de la représentation et parcourt, dans sa substance même, l’art de l’après guerre : les fluides de Jackson Pollock, les happening du groupe japonais Gutaï, Yves Klein, et surtout Joseph Beuys qui en infiltre son œuvre, installations, graisse, feutre, Action/happening et concept de « sculpture sociale »... L’énergie imprègne les mouvements de l’avant garde dans les années 70, avec entre autres : Carl André, Richard Long, Mario Merz... En France, des jalons avec notamment Jean-Pierre Bertrand qui développe des dispositifs combinatoires et physiques de plaques anthropomorphes, corps rouges, laiton qui agissent sur le visiteur comme des piles; Tatiana Trouvé qui cherche à capter l’aura d’une quatrième dimension dans ses environnements...
A l’ère des réseaux et de la globalisation, une nouvelle génération d’artistes écrivent une œuvre totalement immatérielle fondée sur la circulation d’un phénomène artistique, l’énergie lente de sa contamination comme notamment l’artiste germano-britanique d’origine indienne Tino Sehgal : œuvres vivantes, présentées dans des lieux d’exposition, qui s’appréhendent dans l’instant présent de son déroulement. Toute restitution de l’événement par l’image est aboli au profit de la force primordiale de la transmission orale. WOS/agence des hypothèses initiée par Claire Dehove tend à faire éclater la notion matérielle d’œuvre d’art en développant des projets générateur de lien social, d’énergie productive comme entre autres le projet « Diapalante » (entre-aide en wolof)...
En matière de design on commence à voir apparaître, de manière expérimentale, des objets fonctionnels où l’énergie devient la substance d’une forme et d’une fonction : l’énergie électrique avec le tabouret créé par François Azambourg à l’initiative de R3lLab, l’énergie cellulaire dans le cadre d’une expérience Design et science orchestré par Le Laboratoire à Paris avec François Azambourg, l’énergie du corps avec la lampe Electrocyte Appendix imaginée par l’artiste designer Revital Cohen. C’est déja demain.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 16/03/2012
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Joseph Beuys, Capri-Battery, 1985 © Lucio Amelio Murakami Saburo, 1ère exposition Gutaï, Tokyo 1955 © GUTAI Revital Cohen, Electrocyte appendix © Revital Cohen François Azembourg, Choletaise (pliée) © Azembourg François Azembourg, Choletaise © Azembourg

Joseph Beuys, Capri-Battery, 1985
© Lucio Amelio

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