Signe à capter

Art Paris dévoile la vitalité d'une scène française trans-générationnelle et radicale

Marché de l'art | « L’Art français existe t-il ? » est une question qui s’est souvent posée, comme si par son attribution féminine de république accueillante, la France semblait condamner à rejoindre les déterminations assignées d’une célèbre équation lacanienne.

Philippe Gonon - Verso, sans titre 1979, par Jean Pierre Pincemin
Photographie couleur – Epreuve pigmentaire, 2016 © Galerie Dutko
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Philippe Gonon - Verso, sans titre 1979, par Jean Pierre Pincemin
Photographie couleur – Epreuve pigmentaire, 2016

© Galerie Dutko

« L’Art français existe t-il ? » est une question qui s’est souvent posée, comme si par son attribution féminine de république accueillante, la France semblait condamner à rejoindre les déterminations assignées d’une célèbre équation lacanienne. Il fallait les circonstances extraordinaires dans lesquelles s’est réinventée l’édition 2020 d’Art Paris, pour que s’affirme dans un profond entrelacement de générations la vitalité actuelle de ses constellations. Car l’attribut majeur de la scène française réside sans doute dans sa capacité à se redécouvrir elle-même dans le plus grand émerveillement. Pour exemple l’oeuvre aux qualités universelles d’un Jean-Pierre Pincemin exposé à la Galerie Dukto, Paris, qui, du vivant de l’artiste, n’avait jamais franchi les frontières ou celle de Maryan (Galerie Kaléidoscope, Paris) polonais rescapé traçant un pont entre Paris et New-York, comme terre d’adoption.

Mais aujourd’hui les artistes français étudient, vivent et travaillent partout et une génération de jeunes galeries telles la galerie Pauline Pavec (Prévert, Guérasim Luckas) ou la galerie Bertrand Grimont (Geneviève Claisse, Grégory Derenne, Vincent Mauger), pour ne citer qu’eux, montrent la solidité avec lesquels ils sont aptes à relire notre histoire et à défendre la radicalité de leurs contemporains. Car si le premier grand récit de la scène française, depuis le martyr de Manet, a toujours été la peinture, les artistes français habitent aujourd’hui tous les questionnements du monde contemporain avec un appétit qui ne peut présager que le meilleur des avenirs. De tous les processus, de toutes les qualités, la liste est longue et ne pourrait, ici, être exhaustive : de Fabrice Hyber (Galerie Obadia) au très reconnu Laurent Grasso (Galerie Perrotin) à l’exploration internationale de la fatalité des roses d’un Quentin Derouet cofondateur de la galerie Pauline Pavec, des œuvres protéiformes d’Hervé Di Rosa (Art to be gallery, Lille) ou de la jeune Pauline Guerrier (Galeria Foco, Lisbonne) si aptes à épouser le vernaculaire comme véhicule de création, des subtils pièges dichroïques de Thomas Devaux (Galerie Bertrand Grimont, Paris) aux ironies appétissantes de Natacha Lesueur (Galerie 8+4, Paris), des fluos mélodramatiques de Martine Aballéa (Galerie Dilecta, Paris) à l’assurance si éclatante et juvénile de Louis Granet (Galerie Multiples, Paris), des expériences déconstructives de la langue et de l’identité qui ont marqué ces vingt dernières années, surgissent les existences vivaces et résistantes d’un art français totalement décomplexé et faire apparaître cela est sans doute la réussite de cette édition d’Art Paris.

Fabrice Hyber - Livresque, 2020
Huile, fusain et résine époxy sur toile
100 x 150 cm
Courtesy de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles © Bertrand Huet / tutti image
Fabrice Hyber - Livresque, 2020 Huile, fusain et résine époxy sur toile 100 x 150 cm Courtesy de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles
© Bertrand Huet / tutti image

Sophie Boursat
Publié le 10/09/2020
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Philippe Gonon - Verso, sans titre 1979, par Jean Pierre Pincemin 
Photographie couleur – Epreuve pigmentaire, 2016 © Galerie Dutko Fabrice Hyber - Grappe, 2020 
Huile, fusain et résine époxy sur toile 
150 x 150 cm 
Courtesy de l’artiste et de la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles © Bertrand Huet / tutti image

Philippe Gonon - Verso, sans titre 1979, par Jean Pierre Pincemin
Photographie couleur – Epreuve pigmentaire, 2016

© Galerie Dutko

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