Signe à capter

Damien Hirst : To be or not to be an artist

Marché de l'art | Damien Hirst mène une stratégie à contre-courant de celle qui lui vaut à ses débuts le qualificatif d’ « enfant terrible » de l’art britannique. D’une surprésence médiatique au cours des années 2000 faite d’une succession de coups d’éclat, sa parole semble se raréfier. Un changement de communication qui s’étend à sa pratique artistique et à son rapport au marché. Être ou ne pas être un artiste.

Damien Hirst avec l’une de ses nouvelles oeuvres ‘‘Veil Paintings‘‘ à la Galerie Gagosian à Beverly Hills © Kirk McKoy / Los Angeles Times
Damien Hirst avec l’une de ses nouvelles oeuvres "Veil Paintings" à la Galerie Gagosian à Beverly Hills
© Kirk McKoy / Los Angeles Times

En 2017, la Collection Pinault donne à Damien Hirst carte blanche pour investir l’intégralité des espaces du Palazzo Grassi et de la Punta della Cana. Intitulé Treasures From the Wreck of the Unbelievable, cette exposition au storytelling millimétré de quelque 189 œuvres nouvellement créées offre à l’artiste le temps de la Biennale de Venise une forte couverture médiatique internationale. Dernière exposition majeure à ce jour, elle intervient dans un contexte où s’observent les prémisses d’une restructuration de la marque Hirst; une restructuration visant la mise en valeur de son statut d’artiste avant celui d’entrepreneur.

À travers la collaboration renouvelée avec Gagosian en 2016, Hirst réintègre l’empire du marchand américain, son réseau et ses 16 galeries installées dans des villes stratégiques.
Toutefois, on note de fortes différences entre les trois expositions organisées depuis 2017 et celles d’avant 2012, en particulier Damien Hirst : The Complete Spot Paintings 1986–2011 :
- Visual Candy and Natural History (novembre 2017 - mars 2018) chez Gagosian Hong Kong s’avère classique sur le fond comme sur la forme, avec un choix de peintures et sculptures des années 1990, sans démesure ni exagération.
- Pour The Veil Painting (mars - avril 2018) chez Gagosian Beverly Hills, Hirst présente un ensemble d’œuvres qu’il a récemment créées, seul, sans le concours de ses assistants. Qualifiée selon ses mots d’« anti Venise », cette proposition s’affirme comme une rupture avec la production massive et sérielle d’œuvres et d’objets dérivés sur laquelle s’est construite sa carrière artistique. Un caractère massif qui, saturant peu à peu le marché, est en grande partie responsable de la baisse graduelle et constante du prix de ses œuvres ces dernières années.

Dans ce contexte, Sotheby’s organise à New York fin septembre 2018 la vente Yellow Ball provenant de la collection Frank & Lorna Dunphy. Répartie en 2 vacations, l’une physique, l’autre online, cette vacation apporte un éclairage récent sur la cote de Damien Hirst : sur les 205 œuvres proposées, les 101 lots signés Hirst génère presque $8.3 millions soit 64% du produit total de la vente $13.7 millions.
De bons résultats malgré l’absence d’enchère millionnaire ; les plus fortes adjudications portent sur des œuvres issues de la série Butterfly : Boys ’N’ Girls ’N’ Sun, 2006 est vendue 756.000$ (est. 395.000 - 527.000$).

Tout cela est à mettre en perspective avec la rétrospective Pills prévue en 2020 au Brooklyn Museum autour de ses Médecine Cabinets. Il est à noter que cette exposition serait, selon une déclaration de la société pharmaceutique à Hyperallergic, soutenue par la famille Sackler, propriétaire de Purdue Pharma, responsable de la production du médicament très polémique OxyContin. À suivre.

Vincent Kozsilovics
Publié le 30/04/2019
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Damien Hirst avec l’une de ses nouvelles oeuvres “Veil Paintings“ à la Galerie Gagosian à Beverly Hills © Kirk McKoy / Los Angeles Times

Damien Hirst avec l’une de ses nouvelles oeuvres "Veil Paintings" à la Galerie Gagosian à Beverly Hills
© Kirk McKoy / Los Angeles Times

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