Signe à capter

Togo, le projet du Palais de Lomé dans le train culturel

Art contemporain | Au Togo, le projet du Palais de Lomé s’accroche au train de l’art contemporain en Afrique de l’Ouest. Il se voit comme un lieu propice au croisement de la création et du social dans l’espoir d’inclure les populations dans le développement socio-économique.

Palais de Lomé © Copyright Nicolas Robert
1 / 4
Palais de Lomé
© Copyright Nicolas Robert

À l’initiative du projet de réhabilitation du Palais des Gouverneurs, dans un parc de plus de 10 hectares, délaissé à la nature pendant plus de 22 ans, Sonia Lawson prend les commandes du futur centre d’art et de culture de Lomé. Elle s’appuie sur une multitude d’acteurs publics et privés pour mener son projet d’ouverture du patrimoine togolais au grand public. Cet espace culturel, au passé chargé par les différentes vagues du colonialisme, allemand puis franco-britannique, est réhabilité en un lieu d’échange et d’apprentissage. Togo en microcosme, le projet du Palais de Lomé a pour ambition de s’inscrire comme une nouvelle étape dans le circuit de l’art contemporain en Afrique de l’Ouest et fait valoir les points saillants culturels en art contemporain, design et artisanats, innovations culinaires, spectacles et manifestations.

Le contexte. En 10 ans, le marché de l’art contemporain d’Afrique s’est affirmé. L’augmentation de la demande formulée par les collectionneurs européens et américains depuis 2015 facilite cette dynamique. Cet engouement favorise le développement de politiques culturelles nationales et l’investissement de collectionneurs privés en périphérie des événements majeurs. Rarement évoqué dans les médias ou les rapports contemporains sur le marché de l’art en Afrique, le Togo semble pourtant présenter les signes d’un développement à venir. Reconnaissant le rôle de la culture dans la promotion des objectifs nationaux en termes de développement durable, l’état togolais adopte une position différente de ses voisins de Côte d’Ivoire, du Bénin ou du Ghana, où investisseurs privés endossent ces fonctions de rayonnement culturel.

Cette particularité naît également d’un retour progressif d’une nouvelle génération influente. Formés majoritairement en Europe ou aux États-Unis, ces nouveaux acteurs de la culture nationale ont fait carrière dans les sphères créatives occidentales (galeries, luxe, mode), pour finalement s’impliquer dans l’enrichissement des structures culturelles au Togo. Malgré une frontière symbolique encore très présente au sein de la population, ils chérissent l’espoir de démocratiser l’accès à la culture et particulièrement l’intérêt pour l’art contemporain. Bénéficiant de l’appui du gouvernement et de connexions fortes au sein de l’élite économique en place, ce réseau d’acteurs participe activement au déploiement d’espaces d’expositions ouverts au plus grand nombre, tout en plébiscitant un éclairage au croisement de l’art traditionnel et des tendances contemporaines. À suivre.

Valentin Heinrich
Publié le 27/06/2018
Copyright © Observatoire de l'art contemporain - Tous droits réservés
Pour en savoir plus ou pour utiliser ce contenu, merci de nous contacter »

Lire aussi

 

Suivez-nous sur FacebookSuivez-nous sur TwitterSuivez-nous sur LinkedInSuivez-nous sur InstagramContactRechercher

English version

Palais de Lomé © Copyright Nicolas Robert Palais de Lomé © Copyright Nicolas Robert Palais de Lomé © Copyright FX Gbré Palais de Lomé © Copyright FX Gbré

Palais de Lomé
© Copyright Nicolas Robert

« 1 / 4 » ×


©

×