Signe à capter

La réforme Trump et son effet domino sur le marché international

Marché de l'art | Adoptée le 22 décembre 2017, la réforme Trump du Code des impôts laisse entrevoir des conséquences multiples, micro et macroéconomiques. Ces répercussions, bien que difficiles à anticiper dans leur ensemble, devraient également toucher le monde de l’art.

Le président des États-Unis Donald Trump lors de la signature de la réforme fiscale américaine © EFE
Le président des États-Unis Donald Trump lors de la signature de la réforme fiscale américaine
© EFE

S’inspirant de l’idéologie du ruissellement de la richesse du haut vers le bas, la nouvelle version du Code des impôts américain repose sur un allègement important de la charge fiscale, en particulier des ménages à hauts revenus, les sociétés et les entrepreneurs. The Art Newspaper dans son article du 22/12/17, détaille quelques-uns des effets potentiels auxquels le monde de l’art et ses acteurs pourraient être confrontés.

Sur le seul secteur de l’art, la baisse des taux d’imposition profite surtout aux acteurs déjà influents du marché. Les grandes maisons de ventes aux enchères, les galeries-label et les artistes dont la côte est élevée tireront bénéfices des nouveaux taux de l’impôt sur les sociétés (21% aujourd’hui contre 35%) et de l’impôt sur le revenu des individus percevant un revenu supérieur à 500.000$ (37% contre 39.6%).

Un impact direct sur les dons d’œuvres d’art et le financement public des musées. En modifiant les conditions d’application du taux de 40% de l’impôt sur les successions (11.2 millions de $ aujourd’hui contre 5.6 millions de $ avant la signature), la réforme pourrait dissuader les collectionneurs jusque-là incités à léguer aux musées des œuvres d’art pour en déduire la valeur lors d’un héritage. D’autre part, en limitant drastiquement la possibilité de déduire de l’impôt fédéral les impôts locaux et régionaux (SALT), plusieurs états américains à forte imposition comme New York ou la Californie seraient amenés à envisager une réduction de leurs impôts. Cette baisse des fonds publics affecterait directement les musées.

Enfin, les acteurs de l’art tels que les marchands et les sociétés de conseils devraient être avantagés par les nouvelles dispositions ciblant les entreprises structurées sous le statut de “pass-through”. Ces derniers bénéficient dès lors d’un taux spécial de 20% d’imposition, l’impôt sur le revenu ne s’appliquant qu’au-delà de 315.000$.

Bien qu’il soit difficile de saisir toute la portée de ces nouvelles mesures fiscales, il est fort probable qu’elles contribueront à développer la puissance des États-Unis sur le marché de l’art global, en particulier face à la Chine. Elles pourraient accentuer l’influence des méga-galeries et des artistes américains côtés, et ainsi affirmer la position d’acteurs prépondérants qui répondent déjà à des logiques transnationales; l’art et son marché apparaissant comme des outils de soft power dans la reconfiguration de l’échiquier mondial.

Vincent Kozsilovics
Publié le 10/01/2018
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Le président des États-Unis Donald Trump lors de la signature de la réforme fiscale américaine © EFE

Le président des États-Unis Donald Trump lors de la signature de la réforme fiscale américaine
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