Signe à capter

AKAA : Afrique laboratoire de la mondialité

Art contemporain | Penser L’Afrique contemporaine, c’est penser la pluralité de l’immense continent à travers des valeurs communes, c’est l’envisager comme un laboratoire de la mondialité. La seconde édition de AKAA, la jeune foire dédiée à la scène africaine est un terrain propice pour cerner ces transformations par le prisme précurseur de la création artistique.

Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, 2015 © The artist
1 / 4
Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, 2015
© The artist

Mondialité, le concept pionnier formulé par le poète antillais Édouard Glissant, anticipe une nouvelle forme de culture englobant les diversités et les spécificités de la planète, et qui se définit en opposition à la culture mainstream produite dans l’économie de mondialisation. Si la portée de sa pensée se projette aujourd’hui avec plus d’intensité, c’est qu’elle correspond à une réalité naissante que l’on observe dans le mouvement du développement de l’Afrique.
Ainsi la porosité des mondes et des frontières, du Temps et de l’Espace, traverse des pratiques artistiques qui s’affranchissent résolument de la culture postcoloniale pour s’inscrire dans un renversement de l’histoire : Malala Andrialavidrazana (50Golborne) avec ses œuvres en forme de billet de banque manipule des documents d’archives, des cartes, des timbres du XIXe et du XXe siècle ; elle souligne son multiculturalisme par une mise en récit qui aborde des considérations à la fois globales et locales. L’installation sonore Points de Résistance de Emo de Medeiros (galerie Dominique Fiat) se constitue par la diffusion d’archives sonores entrelaçant les histoires mondiales, telles que les messages codés de Radio Londres, la déclaration d’indépendance du Vietnam ou du Ghana, Mandela, Deleuze, James Baldwin, Churchill...
Les mégalopoles africaines comme Lagos deviennent des laboratoires de dynamiques urbaines, dans l’espace de l’imprévu, des ruptures sociales et économiques : l’œuvre de Paul Alden Mvoutoukoulou Medecine Blues (2017) (L’agence à Paris) dénonce la contrebande illégale des médicaments, une sculpture-maquette où des villes imaginaires sont signifiées par des boîtes de médicaments usagés.
Le corps, son intégrité, est une valeur porteuse d’identités, voire de revendications : l’artiste Alice Pokuaa Opong (Artco) crée une robe en cheveux dont les parties sont assemblées de manière complexe comme des coiffes.
L’œuvre de Jean-François Boclé, d’origine caribéenne, The Tears of Banaanaman (Maelle), le corps d’un homme constitué de 300 kg de bananes scarifiées de mots, destinés à noircir dans la durée de son exposition, met en abîme la notion de paradis.

Nina Rodrigues-Ely
Publié le 30/11/2017
Copyright © Observatoire de l'art contemporain - Tous droits réservés
Pour en savoir plus ou pour utiliser ce contenu, merci de nous contacter »

Lire aussi

 

Suivez-nous sur FacebookSuivez-nous sur TwitterSuivez-nous sur LinkedInSuivez-nous sur InstagramContactRechercher

English version

Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, 2015 © The artist Jean-François  Boclé,The Tears of Bananaman, 2012 © The artist Emo De Medeiros, Points de Résistance, 2017 © The artist / Dominique Fiat, Paris Alice Pokuaa Opong © Artco  Gallery

Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, 2015
© The artist

« 1 / 4 » ×