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Analysis out of the box

Un prix français peut-il augmenter la notoriété d’un artiste sur le plan international ?

Analysis out of the boxContemporary Art | (Being translated) Comme dans d’autres corporations professionnelles, il existe en art contemporain une multitude de prix qui n’ont pas tous un impact significatif sur la notoriété du bénéficiaire. Ils proviennent de marques, d’entreprises, de fondations ou d’association de collectionneurs... Cependant un prix peut exercer un effet levier sur la carrière d’un artiste par sa dotation, les liens tissés avec une institution phare et sa renommée internationale. Focus sur cinq actions en faveur de la diffusion de la scène française à l’international.

Prix Marcel Duchamp 2017 Joana Hadjithomas et Khalil Joreige © Centre Pompidou, 2017, Audrey Laurans
Prix Marcel Duchamp 2017 Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
© Centre Pompidou, 2017, Audrey Laurans

Le prix de la fondation d’entreprise Ricard, une rampe de lancement

Clément Cogitore, Un archipel, 2011 © Photographie - Aurélien Mole / Fondation d'entreprise Ricard
Clément Cogitore, Un archipel, 2011
© Photographie - Aurélien Mole / Fondation d'entreprise Ricard
Créé en 1999, le Prix de la fondation d’entreprise Ricard invite chaque année un curateur à concevoir une exposition autour de la scène émergente française. Le jury est composé de collectionneurs d’art et de commissaires d’éditions antérieures. L’artiste lauréat se voit octroyer le financement d’un projet à l’étranger et l’achat d’une œuvre qui est offerte à la collection du Centre Pompidou.
Il est donné aux bénéficiaires les conditions favorables pour tisser une notoriété dans le réseau d’expositions internationales. Une rampe de lancement.
Ainsi Isabelle Cornaro, gagnante de l’édition 2010, représentée par la galerie Balice Hertling et la galerie Francesca Pia, expose par la suite à la White Cube, au Palais de Tokyo et à la Fondation d’entreprise Hermès (Bruxelles). Elle participe à des expositions de groupe à la galerie d’art moderne de Rome, au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, au Palais de Tokyo en 2011 ainsi qu’à la Biennale de Sharjah ou au Sculpture Center à New York... Réinvitée en 2016 sous la casquette d’artiste curateur, c’est son poulain Clement Cogitore qui reçoit le prix cette même année.

Lili Reynaud Dewar récompensée en 2013, représentée par la galerie Kamel Mennour, Emanuel Layr et Clearing, expose entre autres au New Museum de New York pour Live Through That ? ! En 2014 et en 2016, la galerie Kamel Mennour produit les expositions Vivre avec ça ? ! et Dents, gencives, machines, futur, société. En 2015, l’artiste participe à la 56e Biennale de Venise All the World’s Futures.

D’autres lauréats déploient leur carrière internationale sur un temps long comme Tatiana Trouvé (2001) ou Mircea Cantor (2004). En revanche des artistes comme Didier Marcel (1999) ou Loris Gréaud (2005) connaissent un parcours fluctuant sur du long cours.

Le prix Marcel Duchamp, un label et une plate-forme de synergie

Tatiana Trouvé, vue de l'exposition ''4 between 3 and 2'' au Centre Pompidou Paris, 2008 © Courtesy Perrotin, photographie : Florian Kleinefenn
Tatiana Trouvé, vue de l'exposition ''4 between 3 and 2'' au Centre Pompidou Paris, 2008
© Courtesy Perrotin, photographie : Florian Kleinefenn
L’association de collectionneurs ADIAF, dirigée par Gilles Fuchs, crée le Prix Marcel Duchamp en 2000 dans le but de redorer la scène française si peu reconnue par le marché international. Une dotation de 35.000 euros est conférée à un artiste français ou résidant en France. Un partenariat est à l’origine tissé avec la FIAC et le Centre Pompidou qui organise l’exposition du lauréat. Depuis 2016, le prix Marcel Duchamp prend une ampleur institutionnelle dans une nouvelle relation avec le Centre Pompidou qui conçoit deux expositions : celle des artistes nominés sélectionnés par un collège de collectionneurs accompagnés par un conservateur du Centre, et l’année suivante celle du lauréat.

Le jury final, différent chaque année, se compose de personnalités qui peuvent influer à l’international. Pour exemple en 2017, à côté de Bernard Blistène, directeur du Centre Pompidou et Gilles Fuchs, président de l’ADIAF sont réunis Carmen Gimenez (Etats-Unis), le collectionneur chinois Mao Jihong, le directeur artistique Jérôme Sans, la collectionneuse allemande Erika Hoffmann et Akemi Shirana, représentante de l’association Marcel Duchamp. En 2018, Jérôme Sans est le commissaire d’une exposition à Pekin, un choix de 11 lauréats, Le Grand Écart au TsingHua University Art Museum.

En regard du prestigieux Turner Prize, le prix Marcel Duchamp s’affirme en label de la scène française, et agit en plate-forme de synergie. Parmi les lauréats depuis l’origine, le cas de Tatiana Trouvé (2007) est significatif ; aujourd’hui représentée par la galerie Perrotin après un passage chez Gagosian, elle participe à la Biennale de Venise (2007), Manifesta (2008), la Biennale de São Paulo (2010), celle de Lyon (2015), d’Istanbul et de Buenos Aires (2017) . Elle compte à son actif diverses expositions collectives au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, au Musée des arts décoratifs (Paris), à la Fondation Pinault, au Castello di Rivoli...

Le travail du duo d’artistes Daniel Dewar & Grégory Gicquel (2012) représenté par la galerie Lœvenbruck ; dans le sillage de leur distinction, plusieurs manifestations majeures sont recensées : la Documenta 2017, leur participation à ainsi que des expositions collectives au MOMA, au Centre Pompidou, à la White Cube…

Le prix Meurice, une pulsation événementielle

Morgan Courtois, Still Life XXII © Jean Picon
Morgan Courtois, Still Life XXII
© Jean Picon
Depuis 10 ans, le prix Meurice pour l’art contemporain créé sous l’impulsion de Franka Holtmann, directrice du palace parisien, consacre chaque année un artiste et sa galerie française. Il consiste en une dotation financière de 20.000 euros pour un projet d’exposition à l’étranger.

Le comité de sélection, composé d’acteurs d’influence ou en vue du monde de l’art demeure inchangé depuis sa création en 2008 ; il s’envisage comme un organe collégial pour asseoir le prix au-delà du moment de l’événement pendant la FIAC. Jean-Charles de Castelbajac, Parrain du Prix - Colette Barbier, Directrice de la Fondation d’entreprise Ricard - Nicolas Bourriaud, Directeur Artistique de l’espace d’art contemporain la Panacée - Philippe Dagen, Écrivain et Professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne - Claire Moulène, conseillère artistique - Montse Aguer, Directrice du Centre d’Études Daliniennes - Jennifer Flay, Directrice de la FIAC - Marta Gili, Directrice du Jeu de Paume - Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo - Maryvonne Pinault, Collectionneur - Franka Holtmann, Directeur Général du Meurice - Henri Loyrette, Conseiller d’État - Hans-Ulrich Obrist, invité d’honneur.

Neuf artistes ont remporté le Prix depuis sa création parmi lesquels Saâdane Afif - déjà détenteur du prix Marcel Duchamp 2009 - et la galerie Mehdi Chouakri en 2015. La même année, ses œuvres sont présentées lors de la 56e Biennale de Venise. En 2016, il expose à la Fondation d’entreprise Hermès à Séoul le temps de Quoi? - L’Éternité. En 2017, le Centre Pompidou accueille l’exposition personnelle The Fountain Archives.

L’artiste Neïl Beloufa, lauréat en 2014 avec la galerie Balice Hertling, participe en 2016 à deux expositions personnelles : Projects 102 : Neïl Beloufa au MoMA New York et Soft (a) ware à la K11 Art Foundation de Shanghai.

Mathieu Kleyebe Abonnenc, gagnant en 2012 avec la galerie Marcelle Alix, intègre diverses biennales et expositions collectives : la triennale du Palais de Tokyo en 2012, la Biennale de Venise en 2015; le Palais de Tokyo en 2013, le Centre Pompidou Metz en 2015, la Villa Médicis de Rome en 2017…

Le prix SAM, autour de la jeune création internationale

Vue de l’exposition de Mel O’Callaghan “Dangerous on-the-way”, Palais de Tokyo. Sam Art Projects © Photo André Morin
Vue de l’exposition de Mel O’Callaghan “Dangerous on-the-way”, Palais de Tokyo. Sam Art Projects
© Photo André Morin
Le Prix SAM corollaire de l’organisation à but non lucratif SAM Art Projects fondée en 2009 par Sandra Hegedüs distingue un artiste français ou résidant en France, âgé de plus de 25 ans et déjà représenté par une galerie européenne. Cette récompense s’accompagne d’une exposition au Palais de Tokyo, de l’édition d’un catalogue et d’une dotation financière de 20.000 euros destinée à soutenir la réalisation d’un projet à l’étranger (hors Europe et Amérique du Nord).

Le jury est formé par Jean de Loisy, directeur du Palais de Tokyo - Jean-Hubert Martin, curateur - Sandra Hegedüs, fondatrice de SAM Art Projects - Marie-Ann Yemsi, curatrice - Alfred Pacquement, ancien directeur du Musée national d’art moderne - Laurent Le Bon, directeur du musée Picasso - Marc-Olivier Walher, directeur du Eli and Edythe Broad Art Museum - Thierry Raspail, directeur du MAC de Lyon.

Lauréat en 2013, l’artiste franco-marocaine Bouchra Khalili représentée par la galerie Polaris a ensuite exposé au MACBA, Garden Conversation et au Palais de Tokyo, Foreign Office en 2015; au MoMA, Bouchra Khalili : The Mapping Journey Project en 2016, à la Lisson Gallery en 2017 et au de Paume en 2018. Elle a par ailleurs participé à la Biennale de Venise en 2013 ainsi qu’à la Documenta 14 et à la Biennale de Taipei en 2017.

Mel O’callaghan, représentée par la Galerie Allen à Paris et la Galeria Belo-Galsterer à Lisbonne reçoit en 2015 le Prix Sam pour l’art contemporain. Son travail circule à travers des expositions individuelles telles que Ensemble à la National Gallery of Victoria de Melbourne et Dangerous on-the-way au Palais de Tokyo à Paris en 2017 (dans le sillage du prix) ; elle participe aussi à L’art de la révolte au Centre Pompidou et Do Disturb au Palais de Tokyo en 2016 ainsi que Demain dans la bataille pense à moi à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne fin 2015. Par ailleurs, Mel O’callaghan est finaliste du prix Meurice en 2017.

La bourse Révélation Emerige, une clé d’accès à l’écosystème de marché

Physics of a Cloud – Initial Condition Lifetime Concession n°77, Objet n°33, Objet n°34, Objet n°35 - 2016. Vue d'exposition, mai 2016, New York, USA © Courtesy of Cercle de La Horla
Physics of a Cloud – Initial Condition Lifetime Concession n°77, Objet n°33, Objet n°34, Objet n°35 - 2016. Vue d'exposition, mai 2016, New York, USA
© Courtesy of Cercle de La Horla
La bourse Révélation Emerige, créée en 2014 par le président du groupe immobilier Emerige Laurent Dumas, s’adresse aux artistes français ou résidant en France de moins de 35 ans et dépourvus de galeries. La bourse dotée de 15.000 euros permet la réalisation d’une exposition personnelle au sein d’une galerie française et d’une galerie étrangère depuis 2017. Elle offre également un accompagnement tout au long du projet, la mise à disposition d’un atelier pendant un an, une aide à la production des œuvres et le financement de l’exposition elle-même.
Le jury, interne à l’organisation, rassemble Laurent Dumas, Angélique Aubert, directrice des projets artistiques, Gaël Charbau, critique d’art et commissaire d’exposition ; auxquels s’ajoute le directeur de la galerie où sera organisée l’exposition de l’artiste lauréat.

Récompensé en 2014, l’artiste Vivien Roubaud entre à la galerie In Situ Fabien Leclerc qui le présente l’année suivante une installation au Jardin des Tuileries dans le cadre du programme Hors les mur de la FIAC 2015. En 2016, le Palais de Tokyo expose une de ses installations in-situ avec le soutien du fonds de Dotation Emerige. En 2016, la bourse revient au jeune artiste Edgar Sarin né en 1988. S’il est trop tôt pour mesurer la circulation internationale des artistes de cette jeune bourse, nous constatons que des œuvres d’Edgar Sarin sont présentées à la FIAC à la fois sur le stand de la galerie Michel Rein et sur celui de la galerie allemande Konrad Fischer.

Ces prix français comme à l’image d’autre pays constituent un hub de visibilité pour les artistes dont une des conditions reste la circulation organique de leur travail et de leurs œuvres à l’international à travers des carrefours comme les biennales ou les foires.

Carlotta Montaldo / Vincent Kozsilovics
Publié le 30/04/2018
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Prix Marcel Duchamp 2017 Joana Hadjithomas et Khalil Joreige © Centre Pompidou, 2017, Audrey Laurans

Prix Marcel Duchamp 2017 Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
© Centre Pompidou, 2017, Audrey Laurans

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