Analyse à décoder

Cas de collectionneur : Jean-Charles de Castelbajac

Analyse à décoderArt contemporain | « L’art est mon premier analgésique sentimental ». Jean-Charles de Castelbajac ne se souvient pas d’un point de départ qui aurait été déterminant dans son rapport à l’art et à la collection. Cela se formule dès sa plus petite enfance dans l’interstice d’une collision de deux éléments incompatibles - l’huile et l’eau - entre une mère créatrice et un père militaire.

Jean-Charles de Castelbajac © DR
Jean-Charles de Castelbajac
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L’art contemporain

Même s’il est issu d’une famille d’amateur d’art, l’art contemporain alimente en permanence son esprit de création et d’expérimentation. « Mes antennes se réveillent quand il n’y a pas de logique » et cela génère à cœur ouvert son propre processus de création à partir d’autres Trinité : « Accident-Appropriation-Détournement », ou « Récupération-Transformation, Détournement ».

La première œuvre

A 15 ans, sa mère lui offre une photographie Noir & Blanc de l’artiste dadaïste Raoul Hoffmann datée de 1931. Puis autour de 19 ans, une œuvre de Claudio Parmiggiani avec lequel il lie une grande amitié ; il lui a été présenté par le grand collectionneur italien Achille Maramotti propriétaire de Max Mara à l’époque où, intervenant sur la ligne Sportmax, il se faisait payer en tableaux.

La collection

« Je n’ai jamais prémédité le fait de collectionner ». Mais sa collection se construit depuis l’origine dans un présent permanent à travers ses collaborations avec des artistes : famille élective, création collective à la manière d’une Factory.
Chez lui les œuvres des ses amis artistes entremêlent les décennies créatives. Un grand tableau d’Alain Jacquet rappelle l’esprit underground de sa bande de jeunesse, Jean-Marie Perrier, Jean-Pierre Kalfon, Pierre Clémenti... Il est le premier créateur à collaborer avec des artistes pour ses défilés : Cindy Sherman, Robert Malaval dans les années 70 avant le boom des collaborations depuis les années 80, Miquel Barcelo, Loïc Le Groumelec, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring ou Robert Mappelthorpe... Puis Xavier Veillant, Pierre Bismuth, Gilles Mahé... Thomas Hirschhorn, Oda Jaune, Gavin Turk...
En perpétuel mouvement, il agit comme un organisme vivant, se régénérant dans ce qui fait le propre d’une époque. « Je collectionne l’éphémère » ; son bureau se fait le centre névralgique d’un amoncellement œuvres en interaction- autant d’éléments de perturbation - qu’il nomme « le cabinet de curiosité de mon âme ».

L’argent

Dans sa famille, on considérait l’argent comme « une abstraction ». Il lui a été très difficile de mettre une valeur pécuniaire sur les œuvres quand il a fallu en 2003 vendre une partie de sa collection chez Christie’s pour relancer son entreprise.

Sa vision du monde aujourd’hui

« Comme un chant Karaoké ».

Nina Rodrigues-Ely / Virginie Bertrand
Publié le 15/02/2015
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